La médecine associative : définition et principes

Publié le : 28 août 20206 mins de lecture

Le fait d’accompagner et de soigner est l’objectif principal de la médecine associative. L’accompagnement dans les soins relève du nécessaire, car il apparaît difficile de soigner sans entrer dans une démarche d’accompagnement, quelle qu’en puisse être la forme. Pouvez-vous dire que soigner sans accompagner, ce n’est pas soigné ? Vous le savez, la rencontre soignant-soigné est complexe et ce qui se passe dans la relation échappe souvent au processus d’évaluation et d’objectivation.

Le concept d’accompagnement dans la relation de soin

Le concept d’accompagnement s’appuie sur l’origine sémantique suivante : « Accompagner, c’est se joindre à quelqu’un pour aller où il va en même temps que lui ». À partir de cette définition, on peut tirer trois éléments significatifs : la relation à l’autre (« se joindre à quelqu’un »), l’adaptation au mouvement de l’autre (« pour aller où il va »), la concertation avec l’idée que l’accompagnant et l’accompagné avancent au même rythme (« en même temps que lui »).

Pour Philippe Bagros, « accompagner c’est être le témoin solidaire du cheminement d’un autre, il faut avoir accepté l’altérité : l’autre est radicalement différent, bien que semblable ». L’accompagnement s’est répandu dans de nombreux secteurs professionnels — éducatif, judiciaire, sanitaire, social. Son développement s’inscrit dans une logique sociétale d’individualisation et d’autonomisation des individus. Dans les soins, il s’agit pour le soignant de rechercher et d’encourager l’autonomie de la personne malade, de « ne pas faire à la place de » mais de développer les capacités du patient selon la situation, à un moment donné, comme dans le tabagisme.

Dans la pratique courante, l’accompagnement apparaît comme un dispositif, un outil utilisé dans un but bien précis (en éducation thérapeutique), ou comme une posture, un mode de relation à autrui (en soins palliatifs et de fin de vie). Au regard des recherches, le concept d’accompagnement va au-delà de la dimension relationnelle même si celle-ci occupe une place primordiale, il englobe d’autres dimensions : cliniques, temporelles, collectives, informatives. Pour plus d’information, veuillez visiter www.imedicale.fr

Les dimensions de l’accompagnement

La dimension relationnelle correspond à la capacité à être avec, au savoir-être professionnel, qui suppose la présence, l’écoute, l’attention, la compréhension, l’empathie, le soutien de la personne. Ainsi, l’accompagnement dans sa dimension relationnelle associe les dimensions de la relation d’aide. La relation dans l’accompagnement fait appel à différentes postures : une posture éthique où le soignant reconnaît le patient en tant que sujet de droit, ne se substitue pas à lui dans ses décisions, ses actions ; une posture de dialogue, où « le professionnel privilégie l’intelligence qui naît des échanges, supposant de laisser en suspens ce qu’il sait et ce qu’il pense savoir ; et une posture d’écoute qui soutient la démarche nourrit le cheminement, car l’écoute, l’attention à l’Autre permet l’interaction, le questionnement qui facilite la capacité à faire des choix.

Dans l’exercice quotidien des professionnels, n’y a-t-il pas des soins réalisés sans le développement d’un accompagnement au sens où on l’évoque maintenant ? Le tournus des malades dans les services d’hospitalisation, les visites à domicile rythmées par le “mouchard”, l’accueil toujours plus rapide dans les services d’urgence ne soulèvent-ils pas un démenti majeur à propos des soignants ? Oui, diront certains, parce qu’une certaine réalité dans le fonctionnement des soins semble en interdire la possibilité. Non, diront d’autres, parce que le soignant est conscient que son acte implique un au-delà du soin et que dans cet au-delà du soin peut s’exprimer et se réaliser l’accompagnement souhaité.

Les freins à l’accompagnement

Il s’agit de facteurs institutionnels impactant l’organisation du travail (manque de personnel, charge de travail), de facteurs relationnels au sein de l’équipe (mauvaise communication) ou avec le patient, de facteurs personnels, qui contribuent à une certaine standardisation des soins et une banalisation de l’humain dans la pratique quotidienne des soins.

A ce sujet, les professionnelles ont identifié trois causes principales qui favorisent ce phénomène : la confusion entre les soins et le soin, entre les actes de toute nature qui se posent, qui se font et le souci de la personne à qui ces actes se destinent, la difficulté à penser par rapport à une situation singulière induite par un “souci de conformité à la norme” conduisant à une pratique uniforme, enfin la préoccupation gestionnaire » des structures de soin oubliant la pertinence humaine de l’action.  Cela peut mettre en danger les patients à risque comme ceux qui présentent un souci cardiaque ou cardiovasculaire.

L’accompagnement : une démarche relationnelle

Cet accompagnement s’inscrit autour d’un projet de soins et de vie. C’est donc un véritable partenariat avec les ressources du patient par lequel les soignants proposeront un projet de soins et de vie en fonction des attentes de la personne en soins et lui offriront des perspectives d’évolution. La personne en soins doit être informée des différentes alternatives possibles et doit être orientée dans son processus de décision.

Parfois le soignant doit protéger le patient de l’envahissement familial dans les milieux cliniques, car les besoins et les attentes de la personne en soins divergent de celle de la famille. Le soignant est alors « médiateur », a un rôle de soutien, d’orientation, d’informations : facilitateur à la communication dans son champ de compétence.

 

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